Regime khmer unicode

À partir deles Khmers rouges imposent dans les zones sous leur contrôle une politique de collectivisation radicale. Enils commencent à procéder à des massacres pour imposer leur autorité, s'en prenant notamment aux militants membres de minorités ethniques de souche laoou khmer Krom formés à Hanoï et revenus du Nord Viêt Nam pour participer à l'insurrection. Pol Pot fait ainsi tuer une partie des anciens Khmers issarak venus rejoindre l'insurrection et jugés trop proches du Nord Viêt Nam [ 5 ].

Le nettoyage de la Zone Ouest, dont la direction politique est jugée trop peu docile par rapport au Centre, est lancé en [ 6 ].

Plusieurs secteurs de la Zone Nord-Est, notamment les cadres rebelles d' ethnie laosont purgés avec la même brutalité en [ cellulite ruining my life lyrics ]. Les premiers témoignages sont rapidement diffusés, mais ne retiennent pas l'attention de l'opinion publique.

Il fut ainsi un des premiers à faire état des dissensions entre communistes vietnamiens et cambodgiens. Toutefois, le rapport demeura confidentiel pour ne pas heurter la susceptibilité des Cambodgiens qui auraient pu y voir une ingérence américaine dans leurs affaires [ 9 ]. Souvent sous la menace, les habitants de la capitale, soit environ deux millions de personnes dont beaucoup de paysans réfugiés en ville pour échapper à la guerre, doivent quitter leurs logements, dans l'urgence et dans des conditions désastreuses.

D'autres, qui ne sont pas en état de partir, sont achevés à l'arme blanche [ 13 ]. Le cortège des évacués progresse vers le sud sous un soleil de plomb, dans des conditions désastreuses.

Pensant partir pour quelques jours, les civils n'ont pas emmené les vivres nécessaires. Les officiers supérieurs de l'ancienne armée de Lon Nol et de la police cambodgienne sont amenés à sortir des rangs, emmenés dans les rizières et exécutés [ 14 ]. Battambangseconde ville du pays, est évacuée quelques jours plus tard, ainsi que plusieurs gros bourgs de campagne [ 13 ]. Le 20 maitous les responsables civils et militaires Khmers rouges sont convoqués dans la capitale vidée de ses habitants pour une conférence spéciale, qui se déroule quatre jours durant dans un ancien centre sportif.

Pol Pot définit un plan comprenant l'évacuation de la population de toutes les villes, la sécularisation de tous les moines bouddhistes et leur mise au travail dans les rizières, l'exécution de tous les dirigeants du régime de la République khmère et l'expulsion de la minorité vietnamienne du Cambodge. La vie urbaine est vue par les Khmers rouges comme fondamentalement mauvaise, le retour aux champs étant censé renouveler le peuple en le libérant de la corruption moderne [ 18 ].

Toutes les autres villes du Cambodge sont évacuées dans les semaines qui suivent. Charrettes et voitures sont confisquées, et là aussi les civils doivent se rendre à pieds jusqu'aux coopératives rurales qui doivent constituer leur nouvel habitat. La société et l'équilibre alimentaire des régions rurales du Cambodge sont bouleversés par l'arrivée des ex-urbains, qui font plus que tripler le nombre d'habitants de certaines régions.

Les transports se font souvent à pied, au mieux en charrette ou dans des trains bondés et extrêmement lents. Les conditions de voyage et la malnutrition entraînent de nouvelles vagues de décès parmi les déportés [ 20 ]. Pol Pot et son entourage établissent un système social qui met l'ensemble de la population dans une situation proche de l' esclavagetoute forme d'activité étant théoriquement décidée par l'Angkar et soumise à son contrôle [ 21 ].

Progressivement, des repas communautaires obligatoires sont instaurés dans les coopératives agricoles, ainsi que des restrictions rigoureuses sur la vie de famille. La politique du Kampuchéa démocratique prive les paysans cambodgiens de trois des piliers de leur mode de vie, la terre, la famille et la religion. Les pleins droits reçoivent des rations alimentaires complètes et peuvent occuper des postes politiques dans les coopératives, tandis que les déchus sont derniers sur la liste de distribution des rations, premiers sur la liste d'exécution et n'ont aucun droit politique [ 25 ].

Les Cambodgiens perdent toute liberté de déplacement, sont privés de toute possibilité de commerce et de toute médecine digne de ce nom. Le comportement individuel est soumis à des règles strictes, les démonstrations d'affection et de colère étant interdites. Les habitants des campagnes doivent assister à de longues séances d'endoctrinement politique et d'autocritique. Le régime des Khmers rouges fait tout pour desserrer les liens familiaux.

Il est possible d'être condamné à mort pour avoir giflé son fils. Toute forme d'expression artistique ou de divertissement, y compris les chants d'amour ou les plaisanteries, est bannie, seuls les chants et poèmes révolutionnaires étant tolérés.

La ligne de conduite des autorités khmères rouges est celle d'une déshumanisation totale, d'une négation de la valeur de la vie humaine. La crémation des morts est remplacée par l'ensevelissement des cadavres, sans aucun rite funéraire, au mépris de toutes les traditions khmères. Aucun appareil judiciaire n'existe au Kampuchéa démocratique, où la moindre infraction ou maladresse — casser un verre, mal maîtriser un buffle pendant les labours — peut être punie de mort.

Les rapports sexuels hors mariage sont également strictement interdits [ 26 ]. Sous les Khmers rouges, le Cambodge connaît des cas de disettes constantes, qui dégénèrent en famines particulièrement meurtrières. Une grande partie de ces pénuries sont provoquées par l'incompétence de l'administration khmère rouge, mais certaines sont sciemment provoquées ou utilisées par le régime comme moyen de pression sur la population.

Le gouvernement de Pol Pot présente en un plan de quatre ans visant à développer massivement la production et l'exportation de produits agricoles. Les déportés, dont l'effort nécessaire n'a fait l'objet d'aucune évaluation, sont mis au travail dans des conditions désastreuses, marquées par une sous-alimentation chronique.

L' irrigationindispensable à l'effort de production de riz, est largement défectueuse, une grande partie des canaux et barrages ayant été construits en dépit du bon sens, sous les ordres de cadres Khmers rouges sans formation d'ingénieur.

Les conditions des travaux agricoles et leur calendrier sont déterminés de manière centralisée, sans aucun égard pour les conditions géologiques et écologiques locales. Les récoltes sont pour la plupart misérables et les rations alimentaires baissent en proportion.

En certains endroits, les arbres fruitiers sont tous coupés pour chasser les oiseaux pilleurs de récoltes, ce qui a pour conséquence de priver la population de toute possibilité de cueillette. Des régions entières souffrent de famine, et des cas de cannibalisme sont observés [ 27 ]. Dans le même temps, la cueillette de fruits est qualifiée de vol de la propriété collective et punie de mort ou d'emprisonnement [ 28 ][ 29 ].

Ben Kiernan souligne le caractère spécifiquement raciste de la politique appliquée par les Khmers rouges à l'égard des minorités ethniques du Cambodge. Si des Chams font initialement partie des Khmers rouges, formant même une faction autonome dans la Zone Est, leur front est dispersé en Le traitement infligé aux Chams, les arrestations des chefs de village, amènent une partie des Khmers rouges musulmans à se révolter entre et Dans différents secteurs, les pratiques religieuses des Chams sont interdites, leurs villages dispersés, et les repas communautaires imposés dans le but apparent de niveler et de faire disparaître leur culture.

Y compris dans le contexte de la déportation, les Chams sont tenus à l'écart, et les réfugiés khmers sont incités à se méfier d'eux [ 31 ].

Dans la zone Sud-Ouest, dirigée par Ta Mokla consommation de porc pour les Chams musulmans devient obligatoire [ 32 ] et leur est imposée deux fois par mois, alors même que l'ensemble du pays souffre de la famine. Des populations chams se révoltent à plusieurs reprises, et subissent des représailles sanglantes.

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À partir deles Khmers rouges se mettent à massacrer systématiquement des communautés chams, même en l'absence de rébellion. La rébellion khmère rouge a bénéficié, durant la guerre civile, du ralliement de certains membres du clergé bouddhiste et la propagande du mouvement en fait état.

Néanmoins, dès la réunion du 20 mai qui suit la chute de Phnom Penh, Pol Pot prévoit la sécularisation forcée de tous les bonzes et leur mise au travail dans les rizières [ 34 ]. Les moines sont évacués de leurs monastères et mis au travail forcé avec le reste de la population urbaine.

De nombreux temples sont victimes de vandalisme, bien que davantage de lieux de culte que prévu semblent avoir survécu au régime Khmer rouge [ 35 ].

Les moines bouddhistes sont forcés de se défroquer, ceux qui refusent étant systématiquement éliminés [ 23 ]. Toutefois, d'après Gerhard J. Le décès en camp de travail de M gr Joseph Chhmar Salasvicaire apostolique de Phnom Penh avec d'autre prêtres cambodgiens en est un symbole fort [ 38 ].

Les Cambodgiens refusant d'abandonner leurs maisons sont souvent abattus, ou tués dans la destruction de leurs logis [ 85 ]. À partir du 20 mai et durant quatre jours, une conférence spéciale de l'organisation khmère rouge se tient dans la capitale désertée par ses habitants, sous la présidence de Nuon Chea et de Saloth Sâr qui se fait désormais appeler Pol Pot.

Ce dernier définit - selon les rares témoignages existant de cette réunion dont la plupart des participants ont ensuite été éliminés - un plan en huit points pour appliquer la politique du Centre dans tout le Cambodge.

Il prévoit l'évacuation de toutes les villes, l'abolition de tous les marchés, la suppression de la monnaie du régime de Lon Nol et le retrait de la monnaie révolutionnaire tout juste créée par les Khmers rouges, la sécularisation de tous les moines bouddhistes et leur mise au travail dans les rizières, l'exécution de tous les dignitaires du régime de Lon Nol, la création dans tout le pays de coopératives avec repas communaux, fortifiant cheveux lune de la minorité vietnamienne et l'envoi de troupes à la frontière orientale.

Le reste du monde est largement privé d'informations sur ce qui se passe au Cambodge, et ignore qui sont les véritables nouveaux dirigeants du pays [ 88 ]. En juillet, les forces armées du nouveau régime reprennent le nom d' Armée révolutionnaire du Kampuchéachaque responsable de zone remettant officiellement son autorité entre les mains du Comité central [ 89 ].

Ce n'est que plusieurs mois après leur prise de pouvoir que les Khmers rouges entreprennent de constituer un embryon de gouvernement. En septembreSihanouk séjourne à Phnom Penh durant trois semaines, est reçu avec tous les égards, et repart satisfait. Il défend le nouveau régime en octobre devant l' Assemblée générale des Nations unies [ 90 ]. So Phim et Chan Chakrey ne se voient pas attribuer de postes [ 91 ].

Le 31 décembre, Sihanouk revient à nouveau au Cambodge, et se rend cette fois compte de la gravité de la situation. Virtuellement prisonnier, il préside le 5 janvier le conseil des ministres qui promulgue officiellement la constitution du nouveau régime, le Kampuchéa démocratique [ 92 ]. Début mars, Sihanouk remet sa démission, mais le Centre n'en tient pas compte, préférant attendre que soient organisées le 20 mars les élections du nouveau parlementl'Assemblée des représentants du peuple cambodgien.

Le 2 avril, la demande de démission de Sihanouk est rendue publique. Vorn Vet est vice-premier ministre chargé de l'économie, Ieng Sary des affaires étrangères, et Son Sen de la défense nationale. Sihanouk est mis en résidence surveillée [ 94 ]. L' Angkar met en place un système de purges visant des catégories sociales données.

Plus de mille Cambodgiens expatriés, intellectuels et membres de professions libérales, revenus au pays après la révolution, sont considérés comme suspects du fait de leur statut social, et envoyés en camp de travail [ 95 ][ 96 ]. À partir de maipuis après la victoire, la plus grande partie des krom sont regroupés en coopératives de niveau intérieur sahakor kumrit teap regroupant plusieurs centaines de personnes, ou un village entier.

Des repas communautaires sont instaurés pour les paysans, et la vie de famille fait l'objet de restrictions rigoureuses, privant les Cambodgiens de toute intimité. Les paysans sont dépossédés de leurs terres, accaparées par l'État, des liens de famille traditionnels et de la religion.

Seuls les anciens ont le droit de cultiver un lopin privé. De plus, au bout de quelques mois, les nouveaux ruraux doivent subir de nouvelles déportations [ 99 ]. Le régime du Kampuchéa démocratique cherche à rééduquer l'ensemble de la population pour détruire l'idée de propriété privée et tous les repères culturels rappelant l'ancienne société. Enavec la collectivisation forcée et brutale, l'alimentation de la population dans des cantines communes est définitivement mise en place pour assurer l'égalité des rations - chose qui ne fut généralement pas respectée.

L'agriculture est totalement désorganisée par les transferts de population, la situation étant encore aggravée par l'incompétence du gouvernement en matière d'infrastructures. Un système d'autarcie régionale est mis en place, et le régime fixe des objectifs irréalistes de rendement de trois tonnes de paddy par hectare. Le pays souffre bientôt d'une famine généralisée, dont le régime fait consciemment usage pour mieux asservir la population. Les Cambodgiens n'ont droit à aucune vie privée, à aucune liberté de conscience.

Les moindres manquements dans le travail forcé peuvent être punis de mort. L'arbitraire des sanctions est total, le régime khmer rouge n'ayant aucun appareil judiciaire [ ].

L'épuration est menée par la police secrète khmère rouge, le Santebal [ ]. Des Cambodgiens y sont incarcérés sous les prétextes les plus variés, allant du délit de droit commun à la dissidence politique réelle ou supposée, en passant par les relations sexuelles hors mariage.

Les prisonniers des centres sont détenus dans des conditions abominables, et régulièrement soumis à la torturepour être amenés à confesser des délits imaginaires.

La durée de survie des détenus n'excède généralement pas trois mois.

Des exécutions en masses sont réalisées, ce qui donne lieu à de nombreux charniers répartis à travers tout le pays, comme celui de Choeung Ek près de Phnom Penh. Encependant, la situation alimentaire s'y dégrade [ ]. Le Centre affirme par contre son contrôle direct sur la zone nord-ouest, où les purges puis les attaques contre les populations ordinaires se multiplient en Les purges désorganisent gravement la production de riz, et la mortalité est élevée, y compris dans le sud-ouest dirigé par Ta Mok.

L'oppression et l'arbitraire règnent dans le Kampuchéa démocratique [ ]. Ces chiffres prennent en compte les massacres, les exécutions, les victimes de la famine provoquée et entretenue par l'incompétence du régime, ainsi que les persécutions et massacres dont font l'objet certaines ethnies telles les Chams ou les personnes d'origine vietnamienne [ ][ ]. Il y avait du sang partout. Les Khmer Kromainsi que les minorités thaïe et lao sont également victimes de tueries perpétrées par les forces de sécurité de la zone sud-ouest [ ].

Les partisans de Sihanouk sont victimes de purges, de même que les anciens Khmers issarak jugés trop proches des Vietnamiens. En juilletc'est le tour de Hu Nim. En avril-maila purge de la zone est, géographiquement proche du Viêt Nam et dont le chef, So Phims'est bâti un solide pouvoir personnel, est lancée [ ].

Son Sen assume ensuite la direction de la zone est, dont de nombreux cadres, parmi lesquels Heng Samrin et Hun Senne doivent leur salut qu'à la fuite [ ]. Plusieurs milliers de déportés de l'est sont massacrés dans le nord-ouest dans le courant de [ ].

Vorn Vet, vice-premier ministre chargé de l'économie, meurt à Tuol Specialiste surpoids usa en [ ]. Dès maides heurts frontaliers se produisent avec le voisin vietnamien, les Khmers rouges ayant notamment des visées sur la Cochinchine Kampuchéa Krom pour les Cambodgiensconsidérée par les Khmers comme le berceau historique de leur peuple.

La volonté du Viêt Nam d'assurer le leadership des pays de la région accroît encore les tensions. Le gouvernement vietnamien est également inquiet de voir le Cambodge se rapprocher de la République populaire de Chine. Tandis que le gouvernement khmer rouge dénonce la razzia de ses citoyens, les Vietnamiens affirment que les Cambodgiens se sont réfugiés d'eux-mêmes [ ].

De leur côté, les Vietnamiens se préparent à engager les hostilités et établissent également des camps d'entraînement pour les réfugiés khmers [ ]. Tandis que les hommes de Pol Pot multiplient les purges internes, les Vietnamiens se préparent méthodiquement au combat, et importent massivement des armes depuis l' URSS.

La radio vietnamienne révèle au monde les atrocités khmères rouges et appelle les Cambodgiens au soulèvement [ ]. Le 25 décembrel' Armée populaire vietnamienne pénètre au Cambodge et démantèle en moins d'une semaine la défense mise au point par Son Sen. Pol Potau début du conflit, s'absorbe dans des activités de routine. Le 1 er janvierle gouvernement du Kampuchéa démocratique commence à planifier son évacuation [ ].

Sihanouk est ensuite évacué vers Pékin avec son épouse. Ta Mok est le dernier dirigeant khmer rouge à quitter la capitale. Le 7 janvierles premiers blindés vietnamiens pénètrent dans Phnom Penh désertée par ses défenseurs. Quatre jours plus tard, le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa est proclamé, avec Heng Samrin comme président et le jeune Hun Sen comme ministre des affaires étrangères [ ]. Malgré la peur de la domination vietnamienne traditionnellement ancrée dans les esprits cambodgiens, l'armée de Hanoï est aidée par les nombreuses défections de militaires khmers rouges, et accueillie avec soulagement par la population.

À PékinIeng Sary est reçu par Deng Xiaopingpuis par Hua Guofengqui lui reprochent les erreurs stratégiques et annoncent leur souhait de voir les Khmers rouges renouer avec Sihanouk. Dès le 16 janvierla radio des Khmers rouges, La Voix du Kampuchéa démocratiquerecommence à émettre, cette fois à partir du sud de la Chine [ ]. Le 17 févrierla Chine procède à une invasion du nord du Viêt Nam dans le but proclamé de donner une leçon aux Vietnamiens.

Au sein du nouveau régime de la République populaire du Kampuchéaaucune épuration des cadres de l'administration du Kampuchéa démocratique n'a lieu. Dès la finle premier ministre Pen Sovanreprésentant de cette dernière tendance, est évincé. Si la République populaire de Chine se contente d'une opération ponctuelle contre le Viêt Nam, elle s'engage par contre dans une hostilité de longue haleine à l'égard du régime de Hanoïqui bénéficie pour sa part du soutien de l' URSS.

De son côté, Norodom Sihanoukaprès son passage à Pékin, se rend à l' ONUoù il se fait l'avocat du Kampuchéa démocratique et dénonce l'invasion vietnamienne de son pays [ ].

Durant l'étéprofitant de la mousson qui gêne la circulation des troupes vietnamiennes, les Khmers rouges se réorganisent dans le but de lancer des offensives, rebaptisant leurs forces armées du nom d' Armée nationale du Kampuchéa démocratique [ ].

En juillet, Pol Pot installe son nouveau quartier général, le Bureausur le flanc du mont Thom. Politiquement, les Khmers rouges sont renforcés par un vote de l' Assemblée générale des Nations uniesqui décide en novembre de faire siéger la délégation du gouvernement en exil du Kampuchéa démocratiqueet d'exclure la République populaire du Kampuchéa pro-vietnamienne.

Les Khmers rouges réorganisent en outre leur mouvement pour le rendre plus présentable. En septembreKhieu Samphân prend la tête d'un nouvel organisme tenant lieu de gouvernement en exille Front de la grande union nationale démocratique patriotique du Kampuchéa FGUNDPKtandis que Pol Pot se contente du rôle plus discret de commandant des forces armées et ne fait plus aucune apparition publique à partir de [ ].

Dans les camps de réfugiés cambodgiens, la situation demeure critique. Les conditions alimentaires du pays ne s'étant pas améliorées, aux personnes ayant fui l'invasion s'ajoutent avec le temps celles qui tentent de se soustraire à la famine. Des mouvements de résistance à l'occupation vietnamienne se forment et se renforcent, accueillant une majorité de Khmers rouges.

Le Parti communiste du Kampuchéa est officiellement dissous le 6 décembre [ ]. Les Khmers rouges bénéficient du soutien d'un ensemble de pays qui souhaitent chacun gêner le Viêt Nam et, indirectement, son protecteur soviétique. Les États-Unisnotamment, continuent de reconnaître le Kampuchéa démocratique comme gouvernement du Cambodge, pour marquer leur opposition à l'occupation vietnamienne soutenue par l'URSS, et s'allient pour l'occasion à la République populaire de Chineà qui ils laissent carte blanche sur le problème cambodgien.

La Chine fournit des armes aux Khmers rouges, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni apportent leur soutien à l'ensemble des mouvements de guérilla contre les Vietnamiens dont les Khmers rougespar l'intermédiaire de la Thaïlande [ ]. L'aide financière américaine aux Khmers rouges se serait montée à 84,5 millions de dollars entre et [ ].

La Chine, les Occidentaux et l' Association des nations de l'Asie du Sud-Est contribuent à la concrétisation de l'alliance entre les Khmers rouges et les autres branches de la résistance anti-vietnamienne. Ieng Sary perd une grande partie de ses responsabilités au sein du mouvement, du fait de l'inimitié de Sihanouk à son égard et de son implication dans les massacres du Kampuchéa démocratique, qui le rend peu présentable au niveau international [ ].

Malgré l'accord, des heurts continuent à se produire sur le terrain entre les différentes factions de la coalition [ ]. À partir dele gouvernement de Margaret Thatcher envoie les SASles forces spéciales britanniques, former les Khmers rouges aux technologies des mines terrestres.

Les États-Unis et le Royaume-Uni imposent d'autre part un embargo aux lourdes conséquences pour l'économie cambodgienne [ ]. L'aide internationale apportée aux réfugiés par les ONG bénéficie également aux Khmers rouges [ ]. Les attributions de ce dernier poste officiel de Pol Pot sont floues, mais semblent indiquer que l'ancien secrétaire général du Parti communiste du Kampuchéa conserve la direction des troupes khmères rouges [ ]qui tentent de reprendre le contrôle de l'ouest du Cambodge.

Khieu Samphân et Ieng Sary commandent quant à eux des troupes dans la région de Battambangégalement depuis le territoire thaïlandais [ ]. La situation pousse les différentes parties cambodgiennes à négocier, et en décembrele premier ministre de la République populaire du KampuchéaHun Senrencontre Norodom Sihanouk à Fère-en-Tardenoisen France. Les pourparlers traînent cependant durant des années et, en septembreaprès le départ officiel des troupes vietnamiennes, les Khmers rouges accentuent leurs attaques contre les troupes régulières cambodgiennes.

En avrilcependant, les partisans de Pol Pot rejoignent les négociations après avoir reçu le feu vert de la Chine. Au terme de plus d'une décennie de combats, toutes les code promo regime jean michel cohen politiques cambodgiennes signent les accords de Paris sur le Cambodge deprévoyant des élections libres et le désarmement des différentes factions en présence.

En novembreKhieu Samphân et Son Sen se rendent à Phnom Penh pour y inaugurer la mission du Parti du Kampuchéa démocratiquemais, sans que la police de Hun Sen intervienne, ils sont malmenés par une foule en furie, et doivent prendre la fuite [ ][ ]. Malgré la signature des accords de Paris, les Khmers rouges ne désarment pas et violent plusieurs fois le cessez-le-feu en etallant jusqu'à enlever les chefs d'un camp de réfugiés, continuant de semer la terreur dans différentes régions où ils gagnent du terrain et s'en prenant toujours aux Vietnamiens de souche.

En janvierles Khmers rouges réaffirment leur intention de boycotter les élections. Enles Khmers rouges contrôlent plus d'un demi-million de Cambodgiens, soit quatre fois plus qu'en [ ]. Même si contre toute attente, les élections tenues dans le reste du pays sont un succès pour la démocratie [ note 4 ]une crise politique ne tarde pas à éclore.

En septembre, la monarchie est rétablie et Sihanouk redevient roi. Financés par le commerce du bois précieux et leurs accords d'exploitation minière avec des sociétés thaïlandaises activités qui leur rapportent environ millions de dollars par anils continuent la lutte armée tandis que les tensions entre les deux formations au pouvoir se multiplient.

Pol Pot demeure actif au sein du mouvement, mais il est physiquement très affaibli par de graves problèmes de santé. En septembreil aurait ordonné l'exécution des trois jeunes routards occidentaux capturés lors de l'attaque d'un train [ ]après avoir en vain réclamé une rançon et l'abrogation du décret mettant ses partisans hors-la-loi [ ]. La défection de Ieng Sary porte un coup décisif aux Khmers rouges qui, à la fin de l'annéeont perdu presque toutes leurs bases de l'intérieur et se trouvent confinés sur une bande de jungle de quelques centaines de kilomètres carrés.

Nuon Chea et Son Sen se voient reprocher la perte de leurs bases du sud, et sont privés de responsabilités. Mais le mouvement n'est plus en situation de revenir dans le jeu électoral [ ].

Une partie des troupes khmères rouges, abandonnant leur idéologie et dénonçant leurs anciens chefs, se reconvertissent dans les affaires, voire le crime organiséet continuent de détenir le pouvoir économique dans la région de Pailinprès de la frontière avec la Thaïlande. Des contacts directs sont finalement établis et, le 1 er juinNorodom Ranariddh rencontre Khieu Samphân pour convenir d'un front uni.

La radio khmère rouge dément aussitôt l'accord. Sihanouk, de son côté, publie une déclaration affirmant qu'il exclut d'accorder son pardon à Pol Pot et Ta Mok, mais pas à Son Sen [ ]. Pol Pot se serait alors cru trahi par Son Sen et, le 10 juinil fait exécuter ce dernier, ainsi que son épouse l'ancienne ministre Yun Yatleur fils et neuf gardes du corps [ ].

Les troupes de Pol Pot se dispersent, et lui-même est capturé le 18 juin [ ]. Le 28 juinKhieu Samphân annonce la fin définitive du gouvernement khmer rouge, sa rupture avec Pol Pot et son soutien sans condition au gouvernement [ ].

Gravement malade, il est dans les faits assigné à résidence. Ses trois commandants militaires sont exécutés [ ]. Ta Mokdésormais chef officiel des Khmers rouges, demeure en fait à la tête de quelques centaines d'hommes, qui se livrent apparemment au brigandage pour pouvoir survivre [ ].

Enles offensives dans la région des forces armées royales khmères disloquent encore un peu plus les troupes khmères rouges. Le district d' Along Vengquartier général des Khmers rouges depuisest pris le 29 marsgrâce à la défection de l'un des commandants de Ta Mok. Ke Pauk se rend également, tandis que Ta Mok prend la fuite avec ses derniers fidèles. Le 15 avrilalors que l'armée cambodgienne arrive à portée de tir du dernier bastion Khmer rouge, Pol Pot est préparé pour être emmené en Thaïlande.

Il succombe cependant à une crise cardiaque avant de pouvoir être évacué [ ]peut-être aidé à mourir par son médecin militaire thaïlandais [ ]. Le 25 décembreKhieu Samphân et Nuon Chea sont livrés aux autorités cambodgiennes par l'armée thaïlandaise.

Le premier ministre cambodgien refuse cependant tout pardon à Ta Mok. Khieu Samphân et Nuon Chea s'y installent, dans des conditions proches de la résidence surveillée [ ].

Le 6 marsTa Mok est à son tour capturé, livré par les militaires thaïlandais et incarcéré, ce qui met un point final à l'existence des Khmers rouges en tant que mouvement rebelle. Le 6 maiun autre ancien haut responsable khmer rouge, Kang Kek Ieu alias Douch, l'ancien chef de la prison de Tuol Slengqui se cachait sous une fausse identité, est à son tour retrouvé et arrêté [ ]. Après de longues négociations, un accord entre l'ONU et le gouvernement de Phnom Penh a institué en un tribunal spécial pour juger les Khmers rouges, la Chambre extraordinaire au sein des tribunaux cambodgiens.

Ta Mok est mort en prison le 21 juilletavant d'avoir pu être jugé [ ]. Après des années d'impunité, Nuon Chea [ ]Ieng Saryson épouse Ieng Thirith [ ] et Khieu Samphân [ ] sont successivement arrêtés au cours de l'année Le 3 févrierDouch est condamné en appel à la réclusion à perpétuité [ ]. C'est la première fois depuis sa création en que le tribunal chargé de juger les Khmers rouges à Phnom Penh reconnaît d'anciens haut-dignitaires du régime comme responsable de crimes qualifiés de génocides.

Le jugement portait sur la volonté de Nuon Chea et Khieu Samphân d'éliminer totalement ou partiellement ces minorités en raison de leur identité ethnique. Le Premier ministre cambodgien Hun Sen a une nouvelle fois exprimé son souhait d'arrêter les poursuites après ce verdict au nom de l'unité nationale. La défense a cependant indiqué vouloir faire appel de la décision du tribunal. D'autres anciens Khmers rouges ont occupé par la suite des postes à haute responsabilité dans les régimes qui ont suivi celui du Kampuchéa démocratiquetels Hun Sen ancien commandant en second d'un régiment, devenu Premier ministre de la République populaire du Kampuchéa à partir de et toujours à la tête du paysHeng Samrin commandant de division, devenu ensuite le chef du gouvernement mis en place par l'armée vietnamienne enchef de l'État cambodgien jusqu'en ou Chea Sim Secrétaire de district du Parti communiste du Kampuchéa, futur président de l'Assemblée nationale de àpuis du sénat.

Aucun dirigeant notable n'a laissé de recueil d'écrits, ce qui peut rendre complexe l'identification des racines idéologiques précises du mouvement Khmer rouge. Quasiment la moitié du comité central du Parti communiste du Kampuchéa [ note 5 ]noyau dirigeant des Khmers rouges, ont été formés politiquement durant leur séjour en Francedans les annéesau plus fort de la période stalinienne.

Si la période française des dirigeants Khmers rouges semble avoir été importante pour eux, comme en témoignent de nombreuses références à la Révolution françaiseil n'est pas évident que la pratique et les discours du PCK aient de réelles racines françaises, à l'exception de l'admiration pour l'intransigeance de personnalités comme Robespierre. De leur première proximité idéologique avec le Parti communiste vietnamien de Hô Chi Minhles Khmers rouges semblent avoir hérité la pratique du secret et de la dissimulation, ainsi que celle du front uni en tant que paravent politique pratiquée, en l'occurrence, lors de leur alliance avec Sihanouk.

Beaucoup seront consternés par le coût humain. Mais beaucoup le payeront de leur vie [ ]. Entre etdes centaines de membres de ces tribus, essentiellement des Jaraï et des Tampuanfurent recrutés par la guérilla. Les Khmers rouges semblent avoir surtout tenté de développer une forme originale de doctrine marxiste-léninisteenracinée dans l'identité khmère.

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Pol Pot considérait apparemment que le marxisme devait être appliqué de manière intuitive, la connaissance des textes marxistes non traduits en langue khmère n'étant pas nécessaire pour les militants de base. Si l'identité marxiste-léniniste du Parti communiste du Kampuchéa est parfois revendiquée, Marx et Lénine sont peu cités dans les textes du Kampuchéa démocratique, le marxisme khmer rouge demeurant assez abstrait [ ].

Entre etle PCK voudra exercer un pouvoir absolu et mettre en place une société. Les raisons citées étaient la contradiction entre les idées défendues par les cadres et les actes de la plupart d'entre eux, notamment les libéralités dont ils faisaient profiter leurs proches. La politique des Khmers rouges, après leur arrivée au pouvoir, tente de faire passer la société cambodgienne directement au stade du communisme intégral, sans la phase de transition par le socialisme préconisée par l'orthodoxie marxiste-léniniste [ ].

Dans la mesure où ces lois avaient rendu leur succès possible, ils ne voyaient pas pourquoi il en irait autrement de leur tentative de refaçonner le Cambodge rapidement. Résolument agraires, les Khmers rouges opposent populations agricole et citadine, ces derniers étant accusés d'avoir été contaminés par l'impérialisme bourgeois.

Ils prônent l'élimination des intellectuels et la rééducation des populations adultes par le travail manuel sans assistance mécanisée.